Mars
Le duc de Savoie repart très mécontent pour ses États. Il s'adresse à la cour d'Espagne par l'intermédiaire du gouverneur de Milan Pedro Enríquez de Acevedo, comte de Fuentes, pour l'assister dans ses projets.
Juillet
05/07Afin de couper court aux intrigues, Henri IV se prépare à la guerre. Il se rend à Lyon pour organiser l'armée des Alpes et se rapprocher du futur théâtre des opérations. À cet effet, Henri de Schomberg fournit 2 000 lansquenets allemands, une milice provinciale incorporée en grande partie dans les Gardes françaises.
Août
05/08Le seigneur de Berny, par courrier, avertit Henri IV que le duc de Savoie ne veut pas exécuter le traité.
11/08Le roi Henri IV déclare la guerre à la Savoie.
13/08Bourg-en-Bresse est prise par le maréchal Biron. La citadelle résistant, Biron confie le blocus au lieutenant général en Bourgogne Edme de Malain baron de Lux, avec quelques troupes d'infanterie pour garder les batteries.
14/08Henri IV établit son quartier général à Grenoble emmenant avec lui sa cavalerie, forte de 400 hommes, les Gardes françaises, trois compagnies suisses et 4 canons provenant du fort Barraux et rejoignant ainsi le corps du maréchal Lesdiguières, accompagné des arquebusiers de Créquy, des régiments de Nérestang et de Balagny, 3 compagnies des Gardes françaises, les carabins du Dauphiné et 2 canons, qui l'avait précédé.
16/08La ville de Montmélian est prise par Charles II de Créquy en présence de son beau-père, le maréchal Lesdiguières, et du roi de France. Les auteurs contemporains donnent des dates différentes. L'historien Barbiche indique la date du 14[8] quant à Babelon, dans sa biographie du roi de France, donne le 17[9]. S'il est souvent indiqué que le siège de Montmélian dure 3 mois, la prise de la ville fut rapide ; c'est le siège de la citadelle qui dure 3 mois.
17/08Au matin, Henri IV est aux Marches, où il dort le soir même et dans la journée, il est dans les faubourgs de Chambéry. La ville, dont les fortifications sont faibles et sa situation peu avantageuse, est défendue par une garnison de 400 hommes. Le roi accorde 4 jours aux habitants pour se rendre.
20/08Le roi de France suivi de Berton de Crillon et de ses chevau-légers arrivent devant la ville de Chambéry.
21/08La ville de Chambéry ouvre ses portes aux troupes du Roi de France. Le comte Chabod de Jacob, gouverneur de la Savoie, et les bourgeois se réfugient alors avec la garnison dans la citadelle. Le même jour, Belley et Rumilly sont prises, et Aix-les-Bains est abandonné par ses habitants.
22/08Le corps d'armée de Lesdiguières part de Montmélian en direction de Saint-Pierre-d'Albigny et du château de Miolans et met le feu aux faubourgs de Conflans. Les habitants se retirent dans la ville alors que le maréchal passe la nuit à Saint-Pierre-d'Albigny.
23/08Laissant une partie de ses troupes face à Conflans, Lesdiguières s'avance vers le château de Miolans qui est bâti sur un rocher très haut, escarpé de tous côtés et dont l'Isère passe au pied.
24/08A la vue des troupes royales françaises, les défenseurs, commandés par Jacques de Cerisier, écuyer et seigneur d'Argis-en-Bugey, se rendent rapidement et promettent de sortir le 28 août à midi.
25/08Lesdiguières, commence le siège du château de Conflans construit à la jonction de l'Arly et de l'Isère pour défendre l'entrée de la Tarentaise et qui était défendu par environ 1 000 à 1 300 soldats. Les Français font passer leurs batteries sur les bosses qui dominent la bourgade et battent la forteresse. Une brèche fut faite mais les assiégés prévinrent l'assaut. Ils négocièrent et consentirent leur reddition « à condition qu'on leur laiſſeroit vie " bagues ſauves, " furent eſcortés juſqu'en lieu de ſûreté ». Pendant ce temps, le roi Henri avait envoyé le duc de Sully visiter les citadelles de Sainte-Catherine, de Seyssel, de Pierre-Châtel, de Châtillon-sur-Cluses, de Bourg-en-Bresse et autres places de la Bresse afin de les capturer.
27/08Le fort de Conflans capitule. Les 1 030 soldats commandés par le baron Nicolas de Vateville, marquis de Versoy, rendent la place au roi dont l'armée était moins nombreuse.
28/08600 soldats français sous les ordres de du Plessis occupent le château de Conflans. Il ne restait plus comme défense que la tour de Charbonnières, défense clé de la Maurienne défendue par quelques compagnies du régiment piémontais de Bindi sous les ordres du gouverneur Humbert de Saix, seigneur d'Arnens. Le fort était situé à l'entrée des gorges étroites qui s'étendent au pied du Mont-Cenis après la ville de Modane. « Ce château eſt bâti sur l'Iſère, au sommet d'un rocher inacceſſible de toutes parts excepté par un ſentier étroit qui conduit à la Porterie ». Le roi dîne au château de Miolans, puis se dirige sur Charbonnières pour y faire le siège et couche à Chamoux.
29/08Pendant que l'armée française retourne à Saint-Pierre-d'Albigny Créquy et Abel de Bérenger de Morges sont détachés avec leurs troupes pour investir le fort de Charbonnières. Leur rapidité d'action faillit surprendre la garnison du fort qui songeait à brûler le poste, de peur que les troupes françaises n'y logent. Le marquis de Rosny fit mettre en batterie 10 gros canons et 2 plus petits, sur les sommets dominant le château, qui tirèrent 637 coups avant que la garnison, sans espérance d'être secourue, demandât à capituler « en lui accordant vies " bagues ſauves ; du reste on convint qu'elle ſotiroit de la place, mêches éteintes " ſans drapeaux. ».
31/08Au terme de l'acte de reddition, le roi prend possession de la totalité de la place de Chambéry. Il permet à tous les officiers du Duc de Savoie qui ne voulaient pas rester dans la ville de se retirer. Le comte Chabod de Jacob avec 300 soldats « enseignes déployées, tambour battant, vies et bagues sauves » quittent le château, et reçoivent la permission du Roi de passer en Tarentaise.
Septembre
01/09Lesdiguières loge à Bettonet.
02/09Le roi Henri IV loge à Chamoux et toute l'armée passe l'Isère sur des bateaux.
10/09La capitulation du château de Charbonnières est signée, mais « ce qu'il y avait de plus brave parmi les aſſiégés, ayant refuſé de l'accepter, comme n'étant pas aſſez honorable, on recommença à battre la place, qui ſe rendit auſſi-tôt après. ».
11/09Henri IV quitte le château de Charbonnières, se dirige sur Grenoble et dort à La Rochette.
12/09Le Roi dine à Grenoble et passe la nuit à Saint-André-la-Côte, près de Lyon.
13/09Lesdiguières loge à La Chambre. Pendant ce temps le Roi vaque à ses affaires à Lyon et couche à Grenoble où il reste 8 jours.
14/09Lesdiguières arrive devant Saint-Jean-de-Maurienne.
15/09Les Français pointent les canons sur le château de Saint-Jean de Maurienne et somment les défenseurs qui quittent la place sans discussion.
16/09Lesdiguières établit le vicomte de Pasquiers pour commander le fort de Saint-Jean-de Maurienne.
17/09Lesdiguières envoie une troupe investir le château de Saint-Michel-de-Maurienne.
18/09A l'arrivée de Lesdiguières, le gouverneur quitte la place sans capitulation, et les Français laissent une garnison. La vallée de la Maurienne étant ainsi totalement conquise, l'armée française retourne sur ses pas.
20/09L'armée française est à Conflans et se prépare à entrer en Tarentaise, où ils trouvent sur leur chemin le capitaine italien Rosso qui couvre la retraite du comte d'Alligny.
21/09Rosso défend le col d'Aigueblanche et Lesdiguières attaque les barricades de Briançon situées en bas du fort de Briançon qui ferment le passage. Les Italiens logés sur le roc au-dessus ne lui permettant pas de passer, le maréchal passe alors la nuit à Aiguebelle situé à 1/2 lieue. Il y retrouve de Créquy qui était arrivé de Maurienne en passant par la montagne de La Chambre.
22/09Le régiment de Créquy finit par prendre les barricades des Piémontais. L'armée française, forte de 3 500 hommes, arrive devant la capitale de la Tarentaise, Moûtiers, qui n'est évacuée par Rosso qu'après trois assauts. Les Français entrent dans la ville et s'y barricadent. Lesdiguières fait alors investir le fort de Briançon et demande des canons. Poussés par les Français, les Piémontais reculent ensuite sur la route du col du Petit-Saint-Bernard combattant pied à pied à Villette, Aime, Bellentre et Séez avant d'être rejetés au-delà du col du Petit-Saint-Bernard. À cette époque, plus au Nord, à 2 lieues de Genève, il existait près de Viry le fort Sainte-Catherine, construit par le duc de Savoie, qui faisait peser une menace constante sur la cité indépendante. « Le fort est situé sur un tertre au milieu d'une rase campagne dont il parait être le centre ».
25/09Un aide de camp du duc de Guise prévient Annibal Grimaldi qu'un ordre exprès ordonne aux troupes françaises d'attaquer. Immédiatement, le gouverneur niçois fait appel aux gentilshommes et à la milice royale de la province qui viennent immédiatement renforcer la garnison.
28/09Les troupes françaises campent sous les murs de Nice. Les défenseurs se trouvent assez forts pour effectuer une sortie. Les Français se replient jusqu'au Var, dont un violent orage venait d'emporter les ponts. Ils traversent donc la rivière à gué ; attaqués par les Niçois, ils subissent quelques pertes.
30/09Henri IV quitte Chambéry avec Henri Ier de Savoie-Nemours et environ 10 000 hommes, prenant la direction d'Aix-les-Bains.
Octobre
01/10A la nuit tombée, un détachement de 600 Français arrive aux portes de Nice, qu'ils espéraient surprendre. Mais les gardes piémontais tuent les pétardiers et font une sortie. Le duc de Guise, qui était à la tête des troupes, se retire à la hâte et rentre en Provence.
03/10Henri IV est à Aix puis se dirige sur Annecy.
05/10Le roi de France fait une entrée triomphale à Annecy accompagné de la Cornette Blanche, du régiment de Nérestang et passe la nuit au château. Il reste dans la ville 3 jours durant lesquels il reçoit le maréchal de Biron, la noblesse genevoise, leur promettant de prendre le fort Sainte-Catherine afin de les préserver de toute agression savoyarde et envoie François de Bassompierre rendre visite à Théodore de Bèze.
06/10En Tarentaise, deux canons arrivent qui sont immédiatement mis en batterie devant le fort de Briançon.
07/10Les défenseurs de Briançon sont copieusement bombardés et attaqués. Ils se réfugient alors dans une tour à un coin du rocher. Les Français escaladent la place, capturent le gouverneur qui était blessé, et se dirigent droit sur la tour. Les défenseurs se rendent. Les 2 canons sont envoyés pour réduire le château Saint-Jacques dit aussi Saint-Jaquemoz/Saint-Jacome, qui commande l'étroit du Siaix et l'accès à la Haute-Tarentaise. Les Français ne peuvent approcher du fort de Saint-Jaquemoz que par un chemin très étroit. Les deux pièces d'artillerie renversent les retranchements des Savoyards. Une mêlée sanglante s'ensuit et dure jusqu'à ce que la grave blessure de leur commandant, monsieur Lod, les pousse à la déroute.
08/10Le Roi, après des relations diplomatiques avec les Genevois, quitte Annecy.
09/10Le Roi est à Faverges et passe la nuit au château. « Le village fut brulé en partie par l'inadvertance de la cuisine de bouche où le feu se prit ».
10/10Le Roi arrive à Beaufort et passe la nuit au château de La Sallaz.
11/10Le Roi fait une reconnaissance du Cormet d'Arêches, l'un des passages par lesquels Charles-Emmanuel Ier de Savoie et son armée pouvaient entrer en Savoie pour porter secours à Montmélian, enlève un poste avancé piémontais puis retourne à Beaufort y passer la nuit. Dans la nuit, en Tarentaise, après être passés à portée des arquebuses, les 2 canons sont mis en batterie devant Saint-Jacome.
12/10Avec 8 000 hommes, le Roi quitte le château et arrive le soir à Saint-Pierre-d'Albigny. En Tarentaise, dès le matin, les canons commencent à tirer, détruisant une partie du château Saint-Jacques. À 15 heures, les 300 défenseurs de château de Saint-Jacques se rendent[.
13/10Le roi est à Montmélian où il entre en pourparler avec les défenseurs, sans succès. Le soir, il est à Chambéry. Lesdiguières retourne à Montmélian rejoindre le Roi. Au soir, le roi réunit toutes ses forces contre le château de Montmélian.
25/10Le légat du Pape cherchant un moyen de conclure la paix, engage le duc à consentir un accord. Le duc de Savoie promet par écrit de donner en échange du marquisat de Saluces, la Bresse, le bailliage de Gex et la vallée de Barcelonnette avec une somme d'argent.
Novembre
07/11Charles-Emmanuel Ier de Savoie quitte le val d'Aoste avec 22 500 combattants piémontais, espagnols, suisses et savoyards, pour franchir le col du Petit-Saint-Bernard puis redescendre dans la vallée de la Tarentaise. Toutefois 4 000 soldats espagnols prêtés au duc par le comte de Fuentès refusent de dépasser le Saint-Bernard. Les passages du col du Petit-Saint-Bernard au pas de Seltz étant gardés par des éléments des régiments de Navarre et de Chambaud, la menace d'attaque des troupes savoyardes, n'effraya pas les Français. Le duc de Sully reçoit l'autorisation du Roi de France d'aller assiéger la forteresse de Montmélian et le corps d'infanterie de Lesdiguière reprend la route de la Tarentaise.
09/11Lesdiguières couche à Conflans.
10/11Lesdiguières est à Aigueblanche. Le matin, l'avant-garde savoyarde, conduite par le seigneur d'Albigny, passe le col du Petit-Saint-Bernard.
11/11La totalité de l'armée du duc de Savoie est passée ; la bataille est imminente. Le duc établit son quartier général à Villette, faisant face aux avant-postes français installés sur le pas de Séez. Lesdiguières est avec son armée à Moûtiers.
12/11Le Roi accourt de Chambéry en voulant engager une escarmouche dès le lendemain. Les Français lancent des reconnaissances sur Montgiraud, Villette et Aime pour s'approcher du col du Petit-Saint-Bernard et occupent les montagnes de Cormet et de Notre-Dame de la Gorge par laquelle les Piémontais auraient pu descendre en Faucigny. Dans le même temps, les troupes savoyardes se portent sur Aime. Jacques, comte de Brandis, gouverneur de la forteresse de Montmélian rencontre le roi, la capitulation est désormais effective.
13/11La neige fait son apparition et le temps est si mauvais que les troupes ne peuvent bouger. Les deux parties se rencontrent toutefois au détroit du Compagniel. Les Français tentent de tomber sur le flanc des Piémontais à la faveur d'un défilé non gardé ; ces derniers auraient été probablement surpris si la quantité de neige qui tombait n'avait pas arrêté la colonne dans sa marche. Toutefois le soir, le temps s'étant calmé les Piémontais occupent Montgiraud, Villette et Aime pour venir assiéger le fort de Saint-Jacome.
14/11Lesdiguières envoie 2 000 arquebusiers dauphinois, commandés par le capitaine Jacques de Chambaud pour occuper et fortifier Montgiraud, et s'opposer à l'avance des Italiens. Ils engagent immédiatement des combats de reconnaissance en particulier à Villette, qu'ils attaquent de front et de flanc, par des précipices à pic, sans pouvoir déloger les défenseurs piémontais. Quelques compagnies du régiment de Créquy prennent le pas de Cel.
16/11La reddition de la forteresse de Montmélian est effective. Le Roi ordonne aussitôt à Créquy de s'y établir avec sa compagnie et la renforce en la pourvoyant abondamment. Le duc de Sully veut persuader le Roi de démanteler la place, mais un grand nombre de courtisans, qui pouvaient, selon Sully, être aux gages du duc de Savoie la sauvent.
27/11Le marquis d'Este avance sur Dronero.
28/11Le marquis d'Este entre dans la vallée de Maïra et chasse les Français de Cartignan, puis marche sur Saint-Damian.
Décembre
09/12Henri IV arrive à Lyon.
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Marie de Médicis rencontre Henri IV à Lyon.
10/12Henri IV fait ses vêpres à l'abbaye d'Ainay.
16/12Le fort Sainte-Catherine est pris. Les bourgeois de Genève sollicitent du Roi de France sa démolition : sa proximité incommodait énormément leur ville et les tenaient en une inquiétude continuelle. Pour leur faire plaisir, Henri IV en ordonne la démolition, ce qui fut fait.
18/12Par manque de vivres, les Piémontais se retirent après avoir perdu, lors d'attaques sporadiques, plus de 200 hommes et 2 positions avancées. Après le départ des troupes italiennes, les troupes françaises resdescendent dans la vallée. La saison ne se prêtant pas aux combats en montagne, les armées partent prendre leurs quartiers vers Montmélian et Sainte-Catherine ; ce même jour, le Roi quitte Lyon pour Paris.